Courriers et communiqués de presse

  Montreuil, le 21 mars 2011

Objet : contrôles de radioactivité sur les importations en provenance du Japon

Monsieur le Directeur général,

Une dépêche AFP du 16 mars 2011, reprise dans la presse, annonce que Système d'alerte rapide pour la nourriture et les aliments pour animaux (RASFF) dépendant de
l'Union européenne recommande aux États membres “de procéder à des contrôles de radioactivité des aliments importés du Japon, à la suite de la catastrophe nucléaire sur
l'île”.
Cette mesure semble tomber sous le sens : les autorités sanitaires taïwanaises annonçaient le 20 mars avoir détecté des radiations sur un lot de fèves en provenance du Japon. Il est par ailleurs envisageable que ces contrôles soient rapidement étendus à d'autres types de marchandises voire à l'ensemble des importations du Japon. En liaison avec les autorités sanitaires, notre administration doit naturellement se trouver en première ligne dans la mise en oeuvre de ces mesures. De tels contrôles ne s'improvisent pas : les radiations ne peuvent être détectées qu'à l'aide d'instruments de mesure spécifiques confiés à des personnels formés à leur utilisation.
À la suite de la catastrophe de Tchernobyl, de tels instruments avaient été remis en dotation dans de nombreux bureaux et brigades de douanes et des personnels formés mais ce type de contrôle étant tombé en désuétude, l'entretien et l'étalonnage de ces appareils ont été abandonnés tout comme le suivi des formations. Par ailleurs, les fermetures de centaines d'implantations douanières depuis cette période nous fait craindre que l'inventaire même de ces matériels n'ait pas été tenu à jour. Enfin, plus de la moitié des personnels en place à l'époque sont certainement aujourd'hui en retraite et beaucoup de ceux qui sont encore en poste ont changé d'affectation.
Cette situation appelle donc une réponse urgente et des mesures volontaristes pour assurer une protection efficace de l'espace national et européen que nos citoyens sont en
droit d'attendre.
Nous vous demandons également la mise en place d'une protocole de sécurité en cas de découverte d'une source importante de radiations.

Veuillez recevoir, Monsieur le Directeur général, mes sincères salutations.

Pour le SNAD CGT, son secrétaire général,
B.V.

Communiqué 31 mai 2011

                                    Le gouvernement persiste : nous aussi

Avec environ 150 initiatives (rassemblements, manifestations…) recensées sur tout le territoire, auxquelles ont participé des dizaines de milliers d'agents de la Fonction publique, la journée d'action unitaire du 31 mai constitue indéniablement une réussite.

Face aux légitimes exigences salariales des personnels portées par les 8 organisations syndicales représentatives, le Directeur de Cabinet du Ministre a opposé une fin de non recevoir, en particulier sur la valeur du point.

Ce faisant, il a indiqué clairement que le Président de la République et le gouvernement ont choisi la voie de la confrontation.

Tous les syndicats ont à nouveau condamné cette politique injuste et régressive, ce refus du dialogue social et exigé l'ouverture immédiate de négociations sur la valeur du point et la grille indiciaire.

Une nouvelle rencontre unitaire va avoir lieu dans les prochains jours pour décider des prolongements à donner à la mobilisation d'aujourd'hui.

D'ores et déjà, la CGT appelle à débattre des suites et de l'amplification du mouvement.

Montreuil, le 31 mai 2011

COMMUNIQUÉ DE PRESSEDU 31 MAI 2011

                  LES DOUANIERS NE SONT PAS DES PROFESSIONNELS DU NUCLEAIRE !!!


              L'accident nucleaire de Fukushima n'en finit pas de susciter les reactions les plus inattendues.

La recente décision de l'Administration des Douanes de confier a ses agents le controle radiologique des marchandises en provenance du Japon illustre a quel point la precipitation, l'emotion et l'absence de concertation peuvent conduire a des mesures prises en depit du bon sens.

Ces controles, destines a s'assurer de l'absence de contamination des conteneurs arrivant du Japon dans les ports du Havre et de Marseille, sont des taches specifiques qui, c'est le moins que l'on puisse dire, ont peu a voir avec le metier de douanier.
Ces derniers, deja touches de plein fouet par la RGPP (*), au point ou ils auront du mal a assurer dans de bonnes conditions toutes les missions relevant de leur champ de competence, se voient ainsi confier une mission supplementaire qui sort totalement de leur domaine professionnel.
Les pouvoirs publics et plus particulierement la Direction Generale des Douanes, a reagi de maniere desordonnée, sans le recul necessaire a la pleine comprehension de cette problematique particuliere et surtout a sa dimension technique.

Les evenements recents nous montrent que le nucleaire ne peut souffrir d'aucune approximation et que les metiers lies a cette energie comportent des specificites que l'on ne peut contourner. C'est un domaine dans lequel la rigueur doit prevaloir, a l'oppose du traitement de ce dossier traite dans la plus totale improvisation.

La CGT le repete avec force : la radioprotection est un metier a part entiere.

Les controles radiologiques doivent etre confies a des personnels formes, qualifies, disposant du materiel adapte et de l'experience necessaire a la realisation des mesures et a leur interpretation. En d'autres termes, a des personnels dont c'est le metier, au meme titre que la securite alimentaire releve des services veterinaires.

Confier a des agents dont ce n'est pas le metier des missions comportant une dimension de sante publique est une veritable aberration, d'autant plus que les services qualifies ne manquent pas. Pour la CGT, la decision de la Direction Generale des Douanes est incomprehensible et inacceptable !

(*) Revision Generale des Politiques Publiques


Interlocuteur :                                                  Contacts Presse :  FNME    FINANCES
Bruno BLANCHON
ƒv 06 61 17 99 86
Sebastien GEHAN
ƒv 06 16 21 10 83

Courrier au DG - contrôle des conteneurs maritimes en provenance du Japon

Montreuil, le 6 mai 2011

Monsieur le Directeur général,

Je vous saisis de nouveau d'une importante question de sécurité concernant les agents des douanes dans l'exercice de leurs missions.
Les sections du Havre et de Marseille de mon syndicat m'informent en effet de sérieuses difficultés d'application de la note 110303 du 15 avril 2011 signée par le Chef de service concernant le contrôle des conteneurs maritimes en provenance du Japon.

Comme je l'anticipais dans mon courrier du 21 mars dernier, les contrôle de radioactivité des marchandises japonaises et des moyens de transport (conteneurs) sont confiés en premier lieu à notre administration. Il s'agit d'une mesure de bon sens afin de protéger et de rassurer nos concitoyens. Dans son exercice, les agents des douanes ont également le droit d'être protégés et rassurés.
L'exercice du contrôle en deux temps est satisfaisante :
  • contrôle d'une pollution extérieure du conteneur (ou d'un niveau de radioactivité tel qu'il ne serait pas arrêté par les parois du conteneur) ;
  • contrôle de la présence éventuelle d'un niveau de radiations anormal à l'intérieur du conteneur et sur les marchandises.

Le point critique pour les agents est la transition entre ces deux phases et les mesures de protection individuelle dont ils peuvent disposer. En effet, le contrôle extérieur se fait en approchant lentement du conteneur avec l'appareil de mesure à la main, il est donc facile de ne pas se retrouver exposé à des niveaux de radioactivité anormaux. En revanche, l'ouverture du conteneur n'a rien de progressive et, si contamination il y a, l'agent s'y retrouve directement exposé. De plus, l'hypothèse privilégiée est celle d'une contamination extérieure par des particules de type “poussières” ; lors de l'ouverture, celles-ci peuvent aisément se retrouver en suspension et se déposer sur la peau et les vêtements, voire être inhalées par l'agent.
Afin que l'exercice de ces contrôles présente toutes les garanties de sécurité pour les agents sous votre responsabilité, il nous semble nécessaire :
  • de faire préciser par une autorité scientifique compétente et indépendante si un niveau de radiation dangereuse pour l'être humain peut se trouver dans un conteneur sans être détectable de l'extérieur (radiations arrêtées par les parois du conteneur) ;
  • d'opérer une première mesure de radioactivité de l'intérieur du conteneur sans ouverture (sonde introduite à travers le joint de la porte) avant de poursuivre le contrôle ;
  • de prévoir des équipements de protection individuels évitant que d'éventuelles poussières nocives ne soient inhalées ou ne se déposent sur la peau des agents effectuant le contrôle ;
  • de prévoir une décontamination sans risque de ces EPI et des autres vêtements des agents en cas de contrôle positif.

De plus, afin d'éviter toute défaillance matérielle qui mettrait en danger la santé et la sécurité des agents (faux négatif), tout contrôle devrait s'effectuer en utilisant deux appareils de mesure simultanément.
Enfin, ces contrôles (qui sont estimés à 3 par jour pour Le Havre) vont mobiliser les agents sans que les autres missions des unités auxquelles ils appartiennent soient allégées, au contraire. Il est donc nécessaire de les renforcer rapidement en effectifs pour y faire face.

Pour le SNAD CGT,

le secrétaire général
Bertrand Vuaroqueaux


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